(Actualisé avec précisions)
La défunte reine Elisabeth II d'Angleterre a poussé pour que son fils Andrew obtienne la fonction d'envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international dans les années 2000, un rôle dont l'ambiguïté a été mise en lumière par l'enquête sur le pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
Andrew Mountbatten-Windsor, frère cadet du roi Charles III depuis lors déchu de ses titres royaux en raison de son implication dans l'affaire Epstein, fut émissaire pour le commerce international de 2001 à 2011.
Des documents rendus publics jeudi par le gouvernement montrent que la souveraine, décédée en 2022, avait oeuvré pour que son fils, le "préféré" de ses trois enfants disait-on à l'époque, soit nommé.
"Le souhait de la Reine est que le duc d'York succède au duc de Kent dans ce rôle", peut-on lire dans un mémo daté de février 2000de David Wright, alors chef exécutif du British Trade International, département britannique du commerce international aujourd'hui disparu. Il ajoute que la reine a "à coeur" de voir son fils promu. La note est adressée au secrétaire au Foreign Office d'alors, Robin Cook.
Il précise avoir eu une "large discussion" avec le secrétariat privé de la reine avant la nomination officielle d'Andrew.
PAS DE "DUE DILIGENCE"
A la suite d'une requête des parlementaires libéraux-démocrates, le gouvernement britannique a consenti à rendre publiques31 pages de documents - caviardés pour des raisons d'intérêt national - relatifs à la nomination controversée d'Andrew, accusé d'avoir abusé de sa fonction pour notamment fournir à Jeffrey Epstein des informations confidentielles sur les politiques économiques et commerciales du royaume.
C'est dans ce cadre qu'Andrew avait été arrêté puis entendu par la police en février dernier.
Dans une note au Parlement accompagnant la publication des documents, le secrétaire d'Etat au Commerce, Chris Bryant, relève que le gouvernement n'a pas trouvé la trace à l'époque d'une procédure de "due diligence", c'est-à-dire une évaluation de la personne nommée, ou d'enquête de sécurité sur Andrew.
Il ajoute que le gouvernement coopère pleinement avec la police dans l'enquête sur les manquements présumés d'Andrew.
Par un autre document dévoilé jeudi, on apprend que le secrétariat personnel d'Andrew Mountbatten-Windsor informe le chef du protocole du Foreign Office que le fils de la reine préfère se rendre dans "des pays plus sophistiqués, particulièrement ceux qui sont pionniers en technologie".
Le mémo précise en outre qu'Andrew préfère les représentations de ballets plutôt que les représentations théâtrales lors de ses déplacements à l'étranger.
L'ex-prince Andrew n'était pas rémunéré pour cette fonction, qui s'accompagnait néanmoins d'importantes notes de frais, à la charge du contribuable.
(Reportage Muvija M et Sam Tabahriti; version française Sophie Louet, édité par Nicolas Delame)

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